Agriculture traditionnelle

Dans l’Hindu Kuch (HKH), où l’agriculture constitue la source principale de revenus, les communautés autochtones utilisent des pratiques d’agriculture traditionnelle qui ont résisté au passage du temps. Ces systèmes sont étudiés sur mesure pour répondre aux exigences des diverses zones et populations de la région; elles comportent généralement de faibles impacts, ont un coût moins élevé et sont plus durables que les systèmes modernes. En tant que telle, l’agriculture traditionnelle suscite un grand intérêt dans la sous-région.

Systèmes de production agricole “maison”

Après avoir progressé par tâtonnements au fil des millénaires, les communautés autochtones ont créé des systèmes de production agricole adaptés aux spécificités de chaque micro-zone de l’Hindu Kuch. Les agriculteurs traditionnels utilisent diverses méthodes pour conserver la fertilité des sols, prévenir leur perte, conserver l’eau et les rendements maxima nets à long terme. Par exemple, les paysans conservent l’eau et le sol en aménageant des cultures étagées sur les pentes et en y détournant les eaux chargées de sédiments. Lorsqu’ils sélectionnent les cultures, ils ont le choix entre d’innombrables variétés indigènes dont les habitants de l’Hindu Kuch ont conservé les semences des générations durant. Les paysans peuvent déterminer si une parcelle de terre est adaptée à une plante particulière en observant la flore sauvage.

Les systèmes de production agricole traditionnels englobent aussi les technologies comme les prévisions météorologiques, les périmètres d’irrigation, la rotation des cultures, les cultures intercalaires, les engrais naturels et la lutte non toxique contre les ravageurs.

Agriculture traditionnelle et développement moderne

Les initiatives de développement dans l’Hindu Kuch se sont efforcées d’étudier de plus près, d’incorporer et de conseiller l’utilisation des cultures traditionnelles et des pratiques agricoles. Ceci est dû à plusieurs facteurs comme la capacité limitée des agriculteurs d’acheter et d’utiliser du matériel et des intrants modernes. Ceci dérive également des échecs essuyés par les systèmes modernes tentant de répondre aux exigences de la production et de la conservation dans une sous-région aussi variée et fragile que l’HKH.

Membre du Partenariat de la montagne, le Centre international pour la mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD), est une organisation s’occupant de la promotion de la conjugaison des méthodes traditionnelles et modernes pour des réponses productives et durables. Par exemple, les méthodes traditionnelles de rétention de la chaleur et de l’humidité pour les cultures sont encouragées en couvrant le sol d’une pellicule en plastique. D’autres organisations, comme le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) e l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) – deux autres membres du Partenariat- participent aux recherches sur les cultures traditionnelles et les pratiques agricoles dans l’espoir d’améliorer les efforts de développement.

Le saviez-vous?

  • Avant de semer leurs cultures, les Mewahang Rai détruisent les mauvaises herbes en les arrachant, en les brûlant et, dans le cas des cultures de riz pluvial, en les inondant. Ils utilisent la plante de khira comme pesticide naturel, en étalant les feuilles sur les cultures de blé ou en les ajoutant aux canaux d’irrigation du riz.
  • Le parfum du khira tue les foreurs des tiges (chillozonellis).
  • Certains agriculteurs traditionnels sont capables d’assortir les conditions du sol aux besoins des cultures en observant des plantes servant d’indicateur. Par exemple, les fougères comestibles ne se trouvent que sur les sols fertiles, tandis que les fougères non comestibles indiquent un sol qui n’est pas assez fertile.
  • Pour accroître les substances nutritives du sol, de nombreux cultivateurs traditionnels inondent les rizières temporairement. Ceci crée un écosystème d’étang qui sert de source de protéines animales, comme la chair de grenouille.
  • Les systèmes d’agriculture traditionnelle sont les réservoirs d’une immense variété de cultures, dont beaucoup ne sont toujours pas documentés.
  • Dans une grande partie du Népal, les terrasses ont été conservées sur les versants de 45 degrés ou plus.
  • Les engrais naturels à faible impact comprennent les résidus de récolte et les déjections animales.

Les membres du Partenariat de la montagne s’occupent d’agriculture traditionnelle dans l’Hindu Kuch

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) soutient et effectue des recherches sur les systèmes agricoles traditionnelles du HKH et sur l’utilisation de ces techniques en association ou modifiées par les technologies modernes.

Le Centre international pour la mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD) documente et effectue des recherches sur l’agriculture traditionnelle afin de trouver des moyens de rendre les pratiques agricoles plus durables dans l’Hindu Kuch.

Le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) se penche sur les techniques agricoles indigènes et les stratégies de gestion des ressources, en cherchant des réponses mixtes (traditionnel-moderne) de mise en valeur durable de l’Hindu Kuch.

Le Mountain Institute encourage les communautés locales à planter des cultures traditionnelles pour les récoltes de contre-saison qu’elles peuvent vendre à un nombre croissant d’écotouristes.