Sous-Directeur général
Département des forêts
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture

au nom de

M. Jacques Diouf
Directeur général
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
1er novembre 2002

Monsieur le Président de la République
kirghize,
Excellences,
Mesdames, Messieurs,

C’est un privilège pour moi d’être ici avec vous pour l’inauguration du Sommet mondial de la montagne de Bichkek. Au nom du Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, M. Jacques Diouf, qui n’a pu être présent parmi nous, je souhaite adresser mes félicitations à tous ceux qui ont prodigué tant de temps, d’énergie et d’idées au service de la réussite de cette initiative, comme d’autres manifestations marquant cette Année si importante.

Nos félicitations vont, en premier lieu, à notre hôte, le Président Akaev, qui, avec sa précieuse contribution, a préparé le terrain pour l’Année internationale de la montagne. Sans votre clairvoyance, rien de tout cela n’aurait eu lieu et aucun de nous ne serait présent ici aujourd’hui. Nous remercions le Président Akaev, le Gouvernement et le peuple de la République du Kirghizistan pour leur effort considérable et leur généreuse hospitalité. Permettez-moi également de remercier M. Klaus Töpfer, Directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l’environnement, ainsi que le personnel du PNUE qui a aidé, de multiples façons, à transformer cet événement culminant de l’Année internationale de la montagne en une réalité couronnée de succès.

alphalingmind.eu
Apprenez une nouvelle langue rapidement!
https://alphalingmind.eu/

C’est un honneur pour la FAO d’avoir été désignée par l’ONU comme organisation chef de file pour l’Année internationale de la montagne, et de travailler en étroite coopération avec les gouvernements, le PNUE, le PNUD, l’UNESCO, l’UNU et d’autres organismes des Nations Unies ainsi que d’organisations non gouvernementales. Nous avons été encouragés par la passion et le dévouement d’un si grand nombre de femmes et d’hommes qui sont fermement convaincus, comme nous le sommes, que les montagnes sont indispensables à la vie sur terre.

La preuve de cette forte détermination nous est offerte par les 75 comités nationaux chargés de piloter dans le monde les initiatives de l’Année internationale de la montagne. Plusieurs représentants de comités nationaux sont présents parmi nous aujourd’hui.

A mesure que la conclusion de l’Année internationale de la montagne approche et que nous avons l’opportunité de méditer sur ce qui s’est passé durant cette période, nous pouvons être fiers des réalisations. Ensemble, vous avez modifié la manière dont beaucoup considèrent les montagnes et la façon dont ils s’y rapportent.

Nombreux sont ceux, par exemple, qui comprennent désormais la nécessité de protéger la biodiversité de la montagne, de créer des politiques et lois équitables pour les habitants de la montagne, et de mettre en œuvre des stratégies d’appui au développement durable dans les régions montagneuses.

On est également de plus en plus conscient que la moitié de l’humanité dépend des montagnes comme source d’eau douce et que leur mise en valeur durable, en particulier l’aménagement des bassins versants, est vitale pour l’alimentation de la planète en eau douce.

Le monde a maintenant conscience que la diversité génétique que renferment les écosystèmes de montagne aide à garantir la sécurité alimentaire mondiale le future et que les habitants des montagnes sont les gardiens de ces ressources vitales.

Grâce à vos efforts déployés durant l’Année internationale de la montagne, nombreux sont ceux qui ont entendu les mises en garde – que les environnements montagneux sont menacés par le changement climatique, par l’exploitation minière et les pratiques agricoles et forestières non viables, et que dans un grand nombre de régions de la planète, les plus grandes menaces pour les vies et les moyens d’existence des habitants de la montagne sont les conflits armés.

Durant une année où les montagnes ont été le théâtre de nombreux conflits armés de la planète, un message de paix est plus important que jamais.

Sans la paix, les habitants de la montagne ne peuvent rien faire pour améliorer leurs vies. Sans la paix, nous ne pouvons nous unir afin de protéger les bassins versants et la biodiversité. Sans la paix, nous ne pouvons même pas envisager l’aménagement durable des montagnes.

Mesdames, Messieurs,

Vous avez exprimé votre message haut et clair et votre détermination a été inébranlable.

Et grâce à vos efforts, vous avez facilité grandement notre travail à la FAO, en particulier, grâce à la direction claire et décisive fournie par la communauté montagnarde – dont toute la force s’est manifestée au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg il y a deux mois.

C’est là, avec divers pays, organismes des Nations Unies et organisations internationales que, nous avons lancé le Partenariat international pour la mise en valeur durable des régions de montagne et confirmé notre détermination collective à trouver des solutions durables aux problèmes des montagnes, ainsi qu’à faire de l’Année internationale de la montagne un véritable catalyseur de changement.

Ici, à Bichkek, il nous incombe de mieux définir le Partenariat et de mettre en commun toutes nos idées et recommandations pour l’élaboration de plans d’action pour l’avenir.

La FAO offre au Partenariat ses travaux en cours en matière d’agriculture, de foresterie, de pêches, de développement rural et d’aménagement des bassins versants et, surtout, ses travaux visant à diminuer la faim et la malnutrition chronique dans le monde.

Le fait qu’une grande partie des 800 millions de personnes sous-alimentées dans le monde vivent dans des régions montagneuses fait réfléchir. Une récente étude multidisciplinaire de la FAO montre que la moitié de la population montagnarde des pays en développement – soit 250 à 370 millions de personnes – est exposée à l’insécurité alimentaire. A la FAO, nous offrirons notre assistance aux pays en développement et aux pays en transition pour les aider à réduire le nombre de personnes victimes de sous-alimentation chronique. Nous les aiderons à mettre au point et à exécuter des stratégies nationales d’aménagement durable de leurs régions montagneuses, et à promulguer des politiques et lois en faveur de la montagne.

Dans nos domaines de compétence, nous servirons de centre d’échange d’informations, mettant en contact les pays ayant des besoins et des idées d’aménagement durable de leurs montagnes à ceux qui ont les moyens, les connaissances et l’expérience. Ce travail constitue un prolongement essentiel et naturel des responsabilités de la FAO en sa qualité de maître d’œuvre pour le Chapitre 13 d’Action 21, le programme mondial de mise en valeur durable des montagnes né à la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement, tenue à Rio de Janeiro en 1992.

Mesdames, Messieurs,

Il est inutile de rappeler qu’il reste beaucoup à faire. Pourtant, en vous voyant tous réunis autour de moi dans cette salle, je suis convaincu que nous atteindrons nos objectifs. Beaucoup a déjà été accompli et la voie est désormais ouverte.

L’an prochain, l’ONU a proclamé l’Année internationale de l’eau douce, qui s’inscrit dans le droit fil de l’Année internationale de la montagne. Les montagnes jouent un rôle clé dans l’alimentation en eau douce de la planète, et notre devoir est de veiller à ce que les questions relatives à la montagne demeurent au rang des priorités mondiales.

Nous devons continuer à nous efforcer de détruire les nombreux mythes qui persistent sur les montagnes – par exemple, que les possibilités de développement en montagne sont minimes. Il nous faut comprendre les opportunités de développer les ressources de montagne de façon durable et rentable, tout en aidant les montagnards à atteindre leurs buts et leurs aspirations.

Si l’Année internationale de la montagne reste gravée dans les annales, ce ne sera pas le résultat de nos promesses sincères ou de nos bonnes résolutions. Ce sera tout simplement parce que nous avons fait preuve de clairvoyance, noué de solides alliances et trouvé des solutions durables.

Je vous remercie.