Cartographier la vulnérabilité dans les montagnes du monde

Certaines des personnes les plus pauvres et les plus affamées de la planète vivent dans les zones de montagne. Beaucoup d’autres montagnards vivent dans des conditions qui mettent quotidiennement à rude épreuve leurs moyens d’existence. Où vivent ces personnes vulnérables, leurs méthodes de survie et comment améliorer leurs vies sont les thèmes d’une nouvelle étude multidisciplinaire de la FAO « Vers une analyse des environnements et des populations de montagne par système d’information géographique ».

L’étude a constaté que 245 millions de montagnards ruraux dans les pays en développement et en transition pourraient être à risque, voire souffrir de la faim.

A l’aide de données géo-référencées nouvellement disponibles, les chercheurs du groupe Système d’information géographique (SIG), de la FAO ont cartographié et analysé des informations détaillées sur les nombres de personnes vulnérables, les endroits où elles vivent et leurs systèmes de survie dans les divers environnements montagneux du monde.

Cette recherche en cours est une phase cruciale pour mieux comprendre les conditions à l’origine de la vulnérabilité dans les régions de montagne et trouver des solutions durables pour la combattre. Elle tombe aussi particulièrement bien au moment où les messages de l’Année internationale de la montagne 2002 sont transformés en action concrète et où des moyens de répondre aux besoins et aux problèmes spécifiques des habitants de la montagne à l’échelle mondiale sont étudiés.

Plus grande vulnérabilité aux plus faibles altitudes

Une des conclusions les plus significatives de l’étude est que la plupart des montagnards vulnérables ne vivent pas à haute altitude. Si on sait pertinemment que la vie est dure sur les hauts plateaux des Andes ou les sommets de l’Himalaya, le fait est que la plupart des personnes vulnérables en montagne vivent à moins de 2 500 m, à mi-pente ou plus bas.

L’élevage est une des sources principales de revenus pour beaucoup de ces montagnards. Les populations de montagne augmentent, et les têtes de bétail font de même, ce qui a des effets parfois dévastateurs sur l’environnement et la sécurité alimentaire des ruraux vivant de l’élevage. L’étude a découvert que quelque 70% des superficies montagneuses de la planète sont utilisées comme pâturages et elle indique que les éleveurs de montagne se heurtent désormais à une crise écologique croissante. La densité démographique sur les pâturages à des altitudes de 3 500 m a atteint ou dépassé le point critique de 25 personnes par km˛. Cette pression croissante constitue une menace sérieuse pour les écosystèmes fragiles de montagne et les moyens d’existence de leurs habitants.

Lutter contre la vulnérabilité et améliorer les moyens d’existence

En général, les zones de montagne ne sont pas adaptées à l’agriculture: la FAO a estimé que 78 pour cent des montagnes du monde ne sont pas du tout ou très peu adaptées aux cultures. La plupart des ruraux de montagne associent donc les cultures vivrières et fourragères à l’élevage et l’exploitation des forêts. Selon le rapport, un meilleur aménagement des parcours et une meilleure intégration des cultures et de l’élevage devraient constituer des priorités à toutes les altitudes de 500 à 3 500 m.

L’aménagement des forêts et des parcours pourraient ne pas être les seuls moyens d’améliorer les vies des montagnards pauvres. L’étude de la FAO conclut en suggérant des mesures dans quatre autres domaines clés -eau, agriculture, conservation et tourisme, et industrie et services -qui détiennent tous un potentiel de protection des environnements de montagne et d’amélioration du bien-être de leurs habitants, dans le présent comme à l’avenir.

Quelques cas
Certaines communautés de montagne ont trouvé des moyens novateurs de créer des revenus et de lutter contre la pauvreté et la faim. Pour en savoir plus et lire des études de cas sur les techniques d’adaptation des communautés, cliquer ici.