Madagascar

madagaskar flagLa réputation de Madagascar dans le monde entier comme réserve naturelle n’est pas à faire; le pays est un des 12 points chauds de biodiversité du monde. Le nombre de visiteurs dans les aires protégées et les parcs naturels ne cesse d’augmenter et les autorités reconnaissent que ces zones doivent être gérées avec soin et le nombre de visiteurs limité.

Les deux tiers environ de l’île de Madagascar sont constitués de montagnes (à partir de 750 m), et abritent quelque 60 pour cent de la population du pays. Dans ces régions montagneuses, l’économie est presque exclusivement agricole et la majorité de la population vit de la terre. Étant donné que les régions montagneuses de Madagascar ont une densité de population relativement élevée, la pression exercée sur les ressources naturelles est considérable et ne cesse de s’accentuer. Les pratiques agricoles non respectueuses de l’environnement, l’abattage anarchique des arbres et les brûlis annuels pour l’appropriation des terres ont causé de graves problèmes d’érosion des sols, et la destruction accélérée des écosystèmes. Récemment, les agriculteurs ont commencé à réparer certains dégâts en replantant des eucalyptus sur les plus hauts versants, afin de préserver le couvert végétal.

Le phénomène de l’érosion, l’ensablement des rizières et les fréquentes inondations sont autant de signes de la dégradation des hautes terres. Les forêts sont également menacées, en raison de la pression exercée sur les terres. Le couvert forestier est essentiellement confiné aux régions de plus haute altitude et aux aires protégées. Seule une partie de la forêt primaire est conservée sur les versants des montagnes les plus élevées et dans les zones protégées, où l’accès est plus difficile. Les ressources en eau provenant des montagnes sont fondamentales pour toute la nation, et pour son économie principale: la riziculture. Environ 80 pour cent de l’eau potable du pays prend sa source en montagne. Les régions montagneuses tendent à être isolées, et manquent de voies d’accès, qui, quand elles existent, sont en mauvais état.

Les communautés doivent recevoir une aide pour se procurer des moyens d’existence durables et inverser la tendance à une mauvaise gestion des ressources naturelles et à la dégradation des terres, surtout parce que la majeure partie de la population est trop pauvre pour pouvoir investir dans des pratiques agricoles plus convenables. Depuis la participation des décideurs à l’Année internationale de la montagne, les autorités ont pris conscience de l’importance des zones montagneuses dans le cadre du développement durable du pays. Elles admettent le manque de politiques de développement axées sur la spécificité des sites de montagne. On s’aperçoit désormais aussi que leur importance historique, culturelle et sacrée doit être reconnue et que les savoirs traditionnels et la culture peuvent être intégrés avec profit dans une stratégie de mise en valeur durable des montagnes.

La première initiative liée aux montagnes à Madagascar a été le colloque international sur les montagnes africaines en 1997, accueillie par Madagascar. L’Association des montagnes de Madagascar et d’Afrique a vu le jour, marquant le début d’initiatives de développement durable à Madagascar. Plus récemment, Madagascar est devenu Vice-président de l’Association mondiale des habitants de la montagne (APMM) qui représente la région subsaharienne. APMM-Madagascar entend souligner la spécificité des questions de montagne et l’importance de la gestion des ressources naturelles, et encourager une approche plus globale de développement durable, à savoir qui prend en compte les zones montagneuses et pas seulement les riches plaines fertiles.

Comité national pour l’Année internationale de la montagne

Au départ, l’Association Malgache et Africaine des Montagnes (AMMA) était chargée des préparatifs pour l’Année internationale de la montagne. Un comité national a été mis en place début 2002.

Composition du comité national

Le point focal était M. Hiasinirina Randrianizahana.

Gouvernement:
M. Mussard Andriamanana, Ministère des eaux et des forêts
Recherche et université:
Mlle Dabe Rakotonoavalona
Autres:
Mme Joselyne Ramamonjisoa
Mme Hanta Rabetaliana
M. Zakahery Rakotovahoaka
M. Schachenmann
Mme Bakoly Rakoto
Mlle Hery Lala Razafitsialonina

Principales activités et réalisation de l’Année internationale de la montagne

International:

  • Deux responsables politiques de Madagascar ont participé au Haut Sommet 2002: Conférence internationale autour des sommets les plus hauts du continent, tenue à Nairobi en mai.

National:

  • Le coup d’envoi de l’Année a été lancé avec une campagne nationale de reboisement
  • Un Atelier sur ‘une stratégie nationale pour la mise en valeur durable des régions de montagne à Madagascar’ s’est tenu à Fianarantsoa, et comprenait des excursions à un parc national et à des sites sacrés et culturels (3-7 septembre). Le but de l’atelier était de formuler une proposition pour une stratégie d’aménagement durable des montagnes, par l’intermédiaire du Ministère des forêts et de l’eau. Parmi les recommandations émises, citons: la participation mondiale à la mise au point d’un programme, la cession de la gestion des ressources naturelles (forêts, eau) de l’État aux communautés locales et des plans pour la création d’autres zones protégées. Un rapport a été publié.

Campagnes de sensibilisation:

  • L’Association mondiale des habitants de la montagne – section Afrique subsaharienne a réalisé un CD Rom sur les principales manifestations organisées pour l’Année internationale de la montagne en 2002 en Afrique et Madagascar.
  • Plusieurs émissions de radio-TV et la presse ont affronté des thèmes liés aux montagnes et à l’Année internationale de la montagne.

Publications:

  • Montagnes et hautes terres du Vakinankaratra (2002)

Au-delà de l’Année internationale de la montagne

Le comité a préparé avec succès une stratégie nationale intégrée pour la mise en valeur des montagnes. En particulier, des projets pour la période 2003-2005 ont été conçus. Une base de données de recherche sur les hauts plateaux et les montagnes de Madagascar est maintenant prévue et l’Université d’Antananarivo envisage la création d’une unité de recherche interdisciplinaire sur les montagnes de Madagascar.

L’Assemblée générale de l’Association Malgache et Africaine des Montagnes (AMMA) s’est tenue au début de 2003. L’APMM reste la seule organisation s’occupant de questions de développement durable en montagne à Madagascar, et elle travaille désormais sur trois régions pilotes: Andapa, Miarinarivo et Fianarantsoa, pour lesquelles elle compte trouver une aide des bailleurs de fonds. Le projet Fianarantsoa devrait être le projet-base qui guidera la stratégie nationale à l’échelon local. L’Association continue à se battre pour des politiques spécifiques, en particulier liées à l’aménagement des bassins versants, et pour une loi sur la montagne. Elle continue également à élaborer des activités comme l’écotourisme communautaire, et à promouvoir les produits de montagne tels que la soie et la vanille, qui apporteront des revenus aux communautés montagnardes.