Mise en réseau

Des réseaux en ligne et les TIC commencent à faire la différence dans les montagnes d’Asie Centrale. Ils servent à aider les communautés et les organisations de montagne à améliorer les efforts de développement et de gestion des ressources en leur permettant d’accéder à des informations et à les échanger entre elles et avec le monde entier.

Communications en montagne

L’ancienne Route de la soie servait non seulement de route commerciale, mais permettait aux communautés de montagne d’Asie Centrale d’échanger des informations et des connaissances avec les grandes civilisations du monde, de Rome à la Chine. Si la route est tombée petit à petit en désuétude, en particulier durant le régime soviétique, d’autres moyens de communication se sont répandus. Deux exemples en sont la radio et, dans une moindre mesure, la télévision, qui offrent toutes deux des informations précieuses. Toutefois, ces TIC sont difficiles à capter dans les zones montagneuses, elles ne permettent qu’une communication à sens unique et, à l’exception de quelques stations de radio locales, ont généralement des programmes qui ne sont adaptés ni aux besoins, ni aux réalités des habitants de la montagne pauvres.

Réseaux pour les habitants de la montagne

Toute une panoplie d’efforts faisant intervenir les secteurs privé, public et non gouvernemental se conjuguent pour faire profiter les organisations et communautés de montagne d’Asie Centrale des avantages de la mise en réseau et d’Internet.

Les TIC et les intrants technologiques comme le logiciel ne sont généralement pas à la portée de la sous-région, mais des sociétés technologiques privées comme Cisco Systems et Microsoft ont effectué des dons. La Banque mondiale et l’OTAN sont deux des organisations qui fournissent des millions de dollars EU à l’Asie Centrale pour mettre en place des centres Internet pour la communauté et former les médias, les universités et les collectivités locales à utiliser le web. Des pressions ont également été exercées sur le gouvernement pour encourager les fournisseurs d’accès à étendre leurs services aux zones reculées, en abattant les barrières, voire en réduisant les impôts.

Des organisations comme le « Programmes des montagnes d’Asie Centrale » (CAMP), membre du Partenariat de la montagne, facilitent l’accès et l’échange d’information par le biais des réseaux électroniques et de leur base de données en ligne de publications et d’information sur le développement et l’environnement. CAMP tire parti de l’expérience d’autres membres du Partenariat, comme le Forum de la montagne, ICIMOD, FAO et UNU.

La mise en réseau et les TIC jouent également un rôle central dans les initiatives axées sur le développement local, telles qu’une meilleure gouvernance, éducation et santé dans les zones de montagne éloignées. Par exemple, le PNUD — autre membre du Partenariat — les utilise pour améliorer l’accès des communautés à l’enseignement et promouvoir la participation de des organisations de base aux discussions sur les questions de développement.

Le saviez-vous?

  • La contribution du secteur des TIC au PIB de la Mongolie était de 1,99 pour cent en 1995 et de 5,66 pour cent en 2000.
  • Au Tadjikistan en 2002, il existait 11,3 lignes téléphoniques pour 100 habitants des zones urbaines et 0,8 ligne dans les zones rurales.
  • En 2002, il y avait plus de 5 000 ordinateurs personnels dans les collèges et universités de la Mongolie, dont 70 pour cent affectés à la formation ou à des laboratoires de recherche. Quarante écoles secondaires étaient reliées à Internet tandis que quinze universités et collèges bénéficiaient d’une connexion sans fil à haut débit.
  • Certaines ONG locales aident les communautés de montagne éloignées à recueillir des informations sur Internet. Elles collectent les demandes d’information, les saisissent, les traduisent et les transmettent ensuite aux villageois.
  • Sur les 1000 noms de domaines enregistrés avec le suffixe « .mn » (Mongolie) en 2002, environ 60 pour cent appartenaient à des organisations internationales ou étrangères.
  • Le service de courrier électronique a été offert au public mongolien pour la première fois en 1994, et le reste des services Internet a été introduit en janvier 1996. En 2002, il y avait plus de 70 cafés Internet et 10 centres publics de connexion à Internet.
  • Le nombre d’ordinateurs en Mongolie en 2002 oscillait entre 30 000 et 80 000 estimés par le gouvernement.
  • Le projet d’Autoroute Virtuelle de la Soie, faisant intervenir des organismes universitaires, scientifiques et privés et soutenu par un financement de 2,5 millions de dollars de l’OTAN, connectera à Internet les communautés scientifiques et universitaires de huit pays de la Route de la soie par satellite. Les pays d’Asie Centrale sont le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, le Turkménistan et l’Ouzbékistan.
  • La quasi-totalité des populations des pays d’Asie Centrale sait lire et écrire, mais leurs langues sont difficiles à trouver sur Internet.
  • La République kirghize (5 081 500 habitants) a plus de sites 12 300 Internet, beaucoup plus que n’importe quel autre pays de la sous-région. En 2002, le pays avait 152 000 utilisateurs d’Internet, chiffre qui devrait atteindre 496 000 en 2004.

Les membres du Partenariat de la montagne utilisent les réseaux et les TIC au profit de l’Asie Centrale

Le Réseau d’information sur les montagnes d’Asie Centrale (CAMIN) a été créé par la République kirghize avec l’aide du Centre international pour la mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD) et la Suisse (SDC) – tous trois membres du Partenariat de la montagne. CAMIN offre une mise en réseau en ligne et des conférences électroniques servant à promouvoir l’échange et la saisie d’informations pour le développement durable.

Le Programme des montagnes d’Asie Centrale (CAMP) du Centre pour le développement et l’environnement (CDE) offre une mise en réseau électronique et un accès à l’information sur des thèmes appartenant à la base de données en ligne du CDE rassemblant plus de 2 500 documents, 600 ouvrages et 150 revues.

L’Initiative du programme de mise en réseau pan-asiatique du Centre de recherche pour le développement international (CRDI) étudie les impacts des TIC sur les populations, la culture, l’économie et la société, dans le but de renforcer les applications des TIC au développement durable.

Le Programme TIC pour le développement du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) conçoit et lance de nombreuses initiatives d’utilisation des TIC et de réseaux en ligne en Asie Centrale afin de réduire la pauvreté. Parmi les objectifs, citons le renforcement des pratiques et des institutions de gouvernance démocratique, l’amélioration des services publics, et la création de nouvelles opportunités économiques, en particulier pour les catégories les plus défavorisées et vulnérables.

Les projets de l’Organisation des Nations Unies our l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en Asie Centrale sont axés sur le développement des communications en Asie Centrale, avec l’aide du PNUD, de l’UNICEF et du FNUAP. Par exemple, l’UNESCO a aidé à créer des chaînes de radio et de télévision et a actualisé les installations informatiques des agences de presse.