Ouganda

Uganda flagLes montagnes constituent environ 7 pour cent de la superficie émergée totale de l’Ouganda sous la forme de pitons rocheux et de hautes terres environnantes. Bien qu’elles ne couvrent qu’une petite partie du territoire du pays, elles revêtent néanmoins une grande importance compte tenu de leur fragilité et de leur sensibilité aux interférences humaines, des fonctions vitales de leurs écosystèmes et de leur intérêt socio-culturel et spirituel.

Les Mts Birunga sont situés au sud-ouest et leur point culminant s’élève à 4 130 m (Mt Muhavura). Ces montagnes comprennent une chaîne de volcans coniques qui s’étend jusqu’au Rwanda et la République démocratique du Congo. A l’ouest se trouvent les Mts Rwenzori (souvent appelés ‘les montagnes de la lune”) s’élevant à 5 111m – enneigées malgré leur proximité de l’équateur. A l’est, on trouve le Mont Elgon, un volcan éteint (4 323 m) et un peu plus au nord, le Mt Moroto (3 084 m).

Ces montagnes et hautes terres renferment une grande diversité d’écosystèmes, avec une végétation qui varie des forês tropicales aux plus faibles altitudes, aux herbages tempérés, aux tourbières de montagne et aux essences afro-alpines sur les plus hauts sommets.

Toutefois, compte tenu de la rapide croissance démographique et du climat favorable dans ces régions, les fragiles ressources des montagnes sont menacées. La recherche d’un aménagement plus efficace et durable se poursuit. Les initiatives et investissements de développement dans ces zones sont coûteux et risqués à cause de l’environnement difficile, et surtout du terrain accidenté. Les montagnards sont pauvres et les communautés sous-développées, et de nombreux problèmes frappent les terres qui ne sont pas protégées de la dégradation: érosion des sols, glissements de terrain, et inondations des plaines. Ces dernières années, ces problèmes se sont traduits par de graves pertes en vies humaines et en biens matériels dans la région du Mt Elgon en particulier.

L’Ouganda a des problèmes de mise en valeur durable de la montagne très vastes qui vont de l’accès à l’instruction, à la conservation de la biodiversité, au renforcement des capacités, à la sécurité alimentaire, aux aléas et risques, à l’aménagement des bassins versants et à la promotion des produits de la montagne et du tourisme.

Le Gouvernement ougandais s’occupe de conservation des écosystèmes montagneux et de mise en oeuvre de projets de développement depuis plus d’une décennie. Il s’efforce de guider les populations vers la conservation et l’utilisation durable des ressources, en particulier par la formulation de politiques et de lois destinées à réglementer l’utilisation des terres et des ressources. Un obstacle principal à l’atteinte de ces objectifs est le manque de connaissances et d’appréciation des valeurs et sensibilités des écosystèmes de montagne, aussi bien par leurs communautés que par les populations externes qui en sont les bénéficiaires ou parties prenantes sous une forme ou une autre. En outre, ces zones sont très pauvres et les ressources et le temps font défaut pour investir dans la conservation et le développement durable. Le Gouvernement doit accroître les investissements dans les infrastructures et les moyens afin que ces communautés soient en mesure de relever le défi de la mise en valeur durable des montagnes.

Divers projets ont été amorcés dans les zones de montagne. Citons notamment un projet du Centre international pour la recherche en agroforesterie (CIRAF) sur les technologies agroforestières et les essences forestières adaptées aux zones de montagne et d’altitude, et un projet de recherche lancé par la « Soil and Water Conservation Society of Uganda ».

Comité national pour l’Année internationale de la montagne

L’Autorité nationale de gestion de l’environnement a été désignée comme organisme chef de file et un réseau de particuliers et d’institutions a été nommé pour constituer le comité national de l’Année internationale de la montagne et au-delà. Le Point focal était M. Festus D. K. Bagoora.

Activités et réalisations durant l’Année internationale de la montagne

International:
La 9ème Session de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement s’est tenue à Kampala (juillet). La Conférence a émis la Déclaration de Kampala sur l’environnement pour le développement, qui est venue compléter les divers projets et programmes communs en cours de lutte contre la dégradation des terres sur les hauts plateaux d’Afrique et leur conservation pour leurs ressources en eau dans les massifs des Mts de l’Arc oriental, Drakensberg, Rwenzori et Fouta Djallon.

L’Autorité nationale de gestion de l’environnement et ‘National Networking Uganda’ ont participé à l’organisation de la réunion des points focaux africains de l’AIM au Lesotho à l’occasion du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg.

National:
Une Conférence nationale sur les ‘écosystèmes de montagne et d’altitude d’Ouganda’ s’est tenue à l’Université de Makerere à Kampala (3-4 octobre). Le but de la Conférence était de sensibiliser les diverses parties prenantes à l’importance de la mise en valeur durable des montagnes et partager l’information et les expériences afin de renforcer les efforts de conservation et de gestion.

Le réseau national a organisé une réunion parallèle pour le groupe des montagnes africain à la 9ème Session de la Conférence ministérielle africaine sur l’environnement qui s’est tenue à Kampala (3-4 juillet). Cette réunion visait à coordonner les efforts du Forum africain de l’AIM d’intégration des activités sur les écosystèmes montagneux dans l’AMCEN et le NEPAD.

Partenariat international pour la mise en valeur durable des régions de montagne.

L’Ouganda est membre du Partenariat de la montagne.

Au-delà de l’Année internationale de la montagne

L’Ouganda demeure résolu à mettre en oeuvre les objectifs de l’Année internationale de la montagne, et le groupe national de mise en réseau a été transformé en un comité national afin de garantir la participation permanente des institutions et des partenaires principaux. Le comité continue à tenir des réunions et des consultations sur les activités de recherche, de conservation et de développement en cours dans les montagnes et hautes terres du pays. Le comité envisage désormais de servir de tribune pour partager les expériences interpays de sorte que chaque nation tire des enseignements des expériences des autres.

Le comité national est en train d’harmoniser les activités en Ouganda en trois grands secteurs thématiques:

  • Evaluation et conservation des ressources: forêts, eau, climat, aménagement des bassins versants, biodiversité, sol et dégradation des terres;
  • Cadres d’action socio-culturels, institutionnels et juridiques: culture, questions féminines, conflits, politique, législation et enseignement;
  • Questions économiques et de moyens d’existence: risques et aléas, économie, agriculture et sécurité alimentaire, tourisme et activités extractives.

L’Ouganda espère renforcer la collaboration institutionnelle aussi bien dans le pays qu’avec l’étranger, et envisage de commander d’autres recherches sur les récents changements intervenus dans les écosystèmes de montagne, les essais de technologies et les approches d’aménagement durable.