Étude de cas sur l’Amérique du Nord

a forêt communale de Harrop-Procter, qui couvre 11 000 hectares, fait l’objet d’un accord pilote conclu entre Harrop-Procter Watershed Protection Society (HPWPS) et le Ministère des forêts de la province de Colombie britannique, au Canada. Le projet est planifié et géré par les villages non incorporés de Harrop et Procter de cette province. Il a été mis en place à la suite d’une pétition soumise à HPWPS par la majorité des résidents d’Harrop-Procter, soucieux d’empêcher que les pentes de propriété publique en amont de leur communauté ne soient déboisées. La communauté craignait que cette mesure ne pollue les ruisseaux dont ils extraient de l’eau potable, qu’elle ne menace la faune sauvage locale et ne gâche la beauté des contreforts montagneux.

La forêt communale de Harrop-Procter est aujourd’hui gérée par la coopérative communale Harrop-Procter. Deux sociétés y sont installées. Sunshine Bay Botanicals est une société de produits phytosanitaires et de produits forestiers non ligneux certifiés biologiques qui fabrique des thés, des tisanes et des teintures. Harrop-Procter Forest Products produit du bois d’œuvre, du bois de sciage et des produits forestiers à valeur ajoutée, tels que des revêtements de sols, des panneaux de toit, du bois de parement et des petits meubles. La coopérative de la communauté a également élaboré un projet de société d’éco-tourisme ; toutefois, cette société ne sera pas lancée tant que d’autres initiatives à valeur ajoutée ne seront pas solidement établies.

La création de la forêt communale a été rendue possible grâce à un nouveau programme du gouvernement du ministère de la forêt de la Colombie britannique qui consiste à accorder des permis d’exploitation des terres dans les forêts à des communautés. Ce régime garantit que les terres seront gérées par une même communauté pendant un nombre d’années déterminé. Cette option renforce le sens de propriété et incite les communautés à investir du temps et de l’argent dans le projet. Les permis ne sont accordés que pendant cinq ans. Il est donc difficile d’attirer des investissements à des taux raisonnables pour s’allier des associés commerciaux et pour planifier l’infrastructure.

La forêt communale de Harrop-Procter a réussi à mobiliser la participation de la communauté et à gérer les écosystèmes locaux. Les campagnes organisées pour protéger les forêts locales, puis pour obtenir le permis d’exploiter les terres ont encouragé le grand public à soutenir la communauté et ont rallié la majeure partie des résidents sous une “même bannière”. Les principes de gestion de la coopérative de la communauté de Harrop-Procter, fondés sur les écosystèmes, garantissent que les écosystèmes forestiers pour ainsi dire vierges et auxquels la communauté attache une grande valeur sont gérés de manière responsable. Parmi d’autres aspects touchant à la protection de l’environnement, le plan tient également compte de la qualité de l’eau, de la composition des sols, de la diversité biologique, de la faune sauvage, de la pêche, des loisirs, des zones riveraines, de l’héritage culturel, des produits botaniques forestiers et de l’esthétisme.

On estime qu’au cours des trois premières années, la forêt communale a généré plus de 1 000 000 dollars canadiens, soit 761,209 dollars E.U., de revenus locaux.

La forêt communale Harrop-Procter est un exemple d’initiative locale, génératrice de revenus, ayant réussi à encourager la viabilité sociale et la durabilité de l’environnement dans une région de montagne. Le modèle grâce auquel la communauté a pu atteindre ces buts peut être reproduit ailleurs.