Nouveau Partenariat au Sommet de Johannesburg

Le Partenariat international pour la mise en valeur durable des régions de montagne a été officiellement lancé le 2 septembre au Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) à Johannesburg (Afrique du Sud).

Lors d’une manifestation spéciale organisée par la délégation suisse, une alliance de gouvernements, organismes des Nations Unies et organisations non gouvernementales se sont engagés vis-à-vis du partenariat ainsi que des objectifs énoncés dans le paragraphe 40 du Plan de mise en œuvre du SMDD. Parmi ces objectifs figure un engagement visant à réduire la pauvreté au sein des communautés montagnardes et à protéger les écosystèmes montagneux fragiles du changement climatique et de la dégradation de l’environnement.

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« Les enjeux auxquels sont confrontés les chaînes de montagne de la planète et leurs habitants sont aussi énormes que les montagnes elles-mêmes », a déclaré M. Jacques Diouf, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en annonçant le Partenariat. « Je pense que la voie à suivre consiste à fractionner les grands problèmes en petits segments, en petites questions, et que chacun de nous offre ce qu’il a et ce qu’il fait de mieux ».

Le Partenariat a été lancé par la FAO avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et le Gouvernement suisse, au nom des 15 Etats membres du groupe thématique de l’Année internationale de la montagne.

Quarante pays, 15 organisations inter-gouvernementales et 39 grands groupes, du Forum de la montagne au Fonds mondial pour la nature (WWF- International), ont adhéré au Partenariat.

« J’estime que notre travail est crucial pour la sécurité mondiale », a fait remarquer M. Diouf. « Comme les océans et les forêts pluviales, les montagnes sont un élément indispensable à la vie sur terre. Elles sont la source de la plus grande partie de l’eau douce de la planète ».

Les montagnes, outre l’ approvisionnement en eau de plus de trois milliards d’être humains, renferment une biodiversité plus grande que toute autre écorégion au monde. Ce ne sont pas simplement des versions plus abruptes ou plus hautes des écosystèmes que l’on trouve dans les plaines; ces paysages uniques abritent une grande partie du patrimoine biologique du monde, y compris beaucoup d’aliments dont dépend l’humanité. Pourtant, chaque jour, le changement climatique, la pollution et les pratiques de foresterie, d’agriculture et de développement non durables ébranlent sérieusement les environnements montagneux.

« En créant les conditions pour un aménagement durable des régions de montagne, nous pouvons faire de grands pas en avant pour assurer la conservation de la biodiversité », a déclaré M. Douglas McGuire, chef de l’Unité de coordination de l’Année internationale de la montagne à Rome.

Les habitants des montagnes sont souvent les premiers à payer les conséquences de la dégradation de leurs terres. Beaucoup d’entre eux sont menacés par des obstacles insurmontables, comme la pauvreté, la faim, la marginalisation économique et politique, les maladies et les conflits armés.

En affrontant les problèmes ensemble, M. Diouf est d’avis que les gouvernements, les organismes des Nations Unies, les grands groupes et le secteur privé, peuvent accomplir beaucoup pour améliorer la vie des habitants de la montagne. « Pour atteindre ce but, nous, à la FAO, offrons au Partenariat notre travail en matière d’agriculture, de foresterie, de pêches et de développement rural, et surtout, de réduction de la faim et de la malnutrition chronique ».

Le Partenariat est organisé selon des approches multipartenaires à long terme. Par ailleurs, il est conçu comme une alliance ayant la flexibilité d’aborder la complexité, la diversité et l’ampleur des problèmes touchant la montagne.

La première réunion du Partenariat a eu lieu au Sommet mondial de la montagne de Bichkek du 28 octobre au 1er novembre au Kirghizstan.

Pour lire la proposition formelle pour le Partenariat international, veuillez cliquer ici.

Communications en 2002

Les sommets en prime time sur BBC World

Pensez aux populations les plus affamées du monde — les quelques 800 millions de personnes qui vont se coucher chaque soir le ventre vide — et il nous revient en mémoire les images télévisées des réfugiés fuyant les conflits armés ou les enfants traînant dans les bidonvilles du Tiers monde. Aujourd’hui, un nouveau documentaire réalisé pour l’Année internationale de la montagne remet en question beaucoup de ces postulats profondément enracinés. La faim sous un autre angle nous transporte sur les plus hauts sommets de la planète, en nous offrant des preuves que les habitants des montagnes sont accablés par une malnutrition chronique et une insécurité alimentaire disproportionnées.

Gregorio, par exemple, est un agriculteur péruvien qui vit dans les Andes, à 4 500 mètres d’altitude. Chaque jour, il mène un combat incessant contre la gravité pour cultiver une des rares plantes qui survit dans ces conditions extrêmes — la pomme de terre. Comme beaucoup de montagnards, Gregorio ne peut compter que sur 70 pour cent des calories qui lui sont nécessaires pour se maintenir en bonne santé.

Dans les hauts plateaux éthiopiens, à plus de 3 000 m d’altitude, Aselefech est une mère célibataire sans travail qui ne peut nourrir ses enfants car sa culture l’empêche de labourer sa propre terre. Aussi doit-elle embaucher un homme pour le faire à sa place en échange de la moitié de la récolte. Résultat: elle a juste de quoi nourrir ses enfants pendant trois mois par an.

Getabelew vit dans un monde où la seule chose dont il a besoin pour survivre est la seule chose que son pays n’a plus — la terre à cultiver. Dans de nombreuses communautés de montagne éthiopiennes, jusqu’à 30 pour cent de la population locale est désormais sans terre. Pour nourrir sa famille, Getabelew travaille tous les jours et reçoit en contrepartie des vivres qui se limitent souvent en une poignée de blé.

„Mes enfants vont pleurer s’il n’y a pas assez à manger”, dit-il. „Nous, nous pouvons supporter la faim, et résister, mais un bébé, comment fait-il ?”

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Les expériences de Gregorio, Aselefech et Getabelew viennent étayer de nouvelles recherches publiées par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Si les habitants de la montagne représentent environ 12 pour cent de la population mondiale, une étude multidisciplinaire de la FAO suggère que la moitié d’entre eux dans le monde en développement et la Communauté des états indépendants — soit 250 à 370 millions de personnes — est exposée à l’insécurité alimentaire et à la sous-alimentation.

The Angle on Hunger est réalisé et dirigé par le cinéaste canadien James Heer. Le documentaire d’une demi-heure était un des cinq programmes diffusés durant le « mois de la montagne » sur le Earth Report (octobre 2002) de BBC World.

Faire entendre les voix des femmes

Les femmes sont la clef de voûte des communautés de montagne. Elles cultivent la terre et la nourriture, s’occupent du bétail et des forêts. Elles ont également la responsabilité de leurs familles. Pourtant, ce n’est que rarement qu’elles sont propriétaires de la terre, qu’elles tirent des bénéfices de leur production, qu’elles reçoivent une instruction et une formation ou qu’elles ont leur mot à dire dans les décisions qui concernent leurs vies et celles de leurs communautés.

Faire entendre les voix des femmes de la montagne a été un des objectifs principaux de la Conférence « Hommage aux femmes de la montagne » tenue du 1er au 4 octobre 2002 à Thimphu, Bhoutan. Organisée par le Centre international pour la mise en valeur intégrée des montagnes (ICIMOD) et le Forum de la montagne, la conférence a constitué le premier rassemblement mondial de femmes de la montagne, attirant 250 participants de la société civile, des organisations non gouvernementales, des médias, des universités, des organismes de développement et des donateurs de 35 pays.

Les montagnes ont été au centre de l’attention du monde cette année, mais comme a fait remarquer Gabriel Campbell, Directeur général d’ICIMOD aux participants dans son discours d’ouverture, les femmes de la montagne « sont rarement écoutées, gouvernent rarement, sont rarement vues pour ce qu’elles sont, et sont trop souvent entravées dans leur croissance et leur apprentissage pour stimuler notre recherche pour un avenir meilleur. »

La conférence de quatre jours a servi de tribune où les femmes de la montagne ont pu exprimer leurs préoccupations, partager leurs expériences et échanger des idées sur l’avenir de leurs conditions de vie et de leurs cultures dans le monde entier. Elle a également jeté les bases d’une action future et de la création de réseaux.

Les activités de la conférence se sont concentrées sur cinq thèmes clés:

  • ressources naturelles et environnement
  • santé et bien-être
  • entreprenariat
  • droits juridiques, politiques et humains
  • culture et savoirs locaux

La question de parité hommes-femmes a été commune aux cinq thèmes.

Les groupes de travail ont tenu des débats intensifs sur ces thèmes clés au cours desquels ils ont identifié des lacunes de recherche, des enjeux et d’éventuelles solutions. Leurs recommandations ont été présentées à la session plénière et ont servi d’apports précieux à la Déclaration de Thimphu.

La Déclaration affirme que les femmes de la montagne sont un élément indissociable de l’aménagement durable des montagnes. Elle met l’accent sur leurs connaissances, leurs activités productives et l’importance de leur rôle dans le développement de la communauté et de la famille, mais indique que malgré tout, les femmes de la montagne demeurent économiquement, socialement et politiquement marginalisées dans de nombreuses sociétés montagnardes.

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Elle demande à la communauté internationale et aux organes régionaux, nationaux et locaux de placer les femmes de la montagne en tête de leurs priorités, et énumère 17 recommandations de grande envergure pour atteindre ce but, qui vont de l’information des femmes sur leurs droits à la garantie de leur représentation équitable dans toutes les instances décisionnelles.

La Déclaration de Thimphu a été approuvée par la Conférence et a servi de contribution au Sommet mondial de la montagne de Bichkek.

Bichkek: dans le feu de l’action

Un des résultats les plus significatifs du Sommet mondial de la montagne de Bichkek, l’événement culminant de l’Année internationale de la montagne, a été l’unité d’intention et d’engagement à l’action exprimée par plus de 600 délégués de 60 pays.

« Pour changer le monde de demain, il faut s’engager aujourd’hui », a déclaré M. Hosny El-Lakany, Sous-Directeur général de l’ Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), responsable du Département des forêts. La FAO est l’organisme chef de file des Nations Unies pour l’Année internationale de la montagne. « A Bichkek, un engagement profond et durable pour mettre fin à la dégradation des écosystèmes de montagne et améliorer les conditions de vie des communautés montagnardes a été formulé de diverses façons par un grand nombre d’organisations. Je pense que les habitants de la montagne commenceront bientôt à voir une action concrète et à se rendre compte de ses avantages.»

Le Sommet, tenu du 29 octobre au 1er novembre à Bichkek, Kirghizstan, a été organisé par le gouvernement du Kirghizstan avec le soutien du Programme des Nations Unies sur l’environnement (PNUE) et d’autres partenaires.

Au Sommet, les gouvernements italien et suisse ont engagé leur appui pour permettre à l’unité de coordination de l’Année internationale de la montagne à la FAO de poursuivre ses travaux en 2003. En particulier, le soutien de l’Italie et de la Suisse permettront à l’Unité de continuer à fournir une assistance aux 77 comités nationaux de par le monde qui pilotent les initiatives de l’Année internationale de la montagne dans leurs pays, et d’étendre son appui aux autres pays pour les aider à formuler des plans stratégiques nationaux, ainsi que des politiques et des lois en faveur de la montagne.

Les contributions de la Suisse et de l’Italie permettront également à la FAO de mettre sur pied un secrétariat qui assure le service du Partenariat international pour la mise en valeur durable des régions de montagne, lancé au Sommet mondial sur le développement durable (SMDD) à Johannesburg en septembre 2002.

Les déclarations de soutien de la Suisse et de l’Italie, entre autres, pour la création d’un secrétariat accueilli par la FAO répondaient à des offres de soutien formulées par le Directeur général de la FAO, M. Jacques Diouf, au SMDD. M. Diouf a déclaré que la FAO aiderait le Partenariat en:

  • poursuivant ses travaux en cours dans les montagnes du monde dans les domaines de l’agriculture, des forêts, des pêches, du développement rural et de l’atténuation de la faim et de la malnutrition chronique ;
  • accueillant, si besoin en est, un secrétariat pour apporter un soutien au Partenariat ;
  • aidant les pays à formuler et à mettre en oeuvre des plans stratégiques pour la mise en valeur durable de leurs régions montagneuses, ainsi que des politiques et des lois de soutien en faveur des montagnes.

La Plateforme de la montagne de Bichkek a été un résultat fondamental du Sommet mondial de Bichkek. La Plateforme prend appui sur les nombreuses déclarations importantes élaborées à d’autres manifestations mondiales sur la montagne. Elle a été présentée au Sommet de Bichkek par le Gouvernement du Kirghizstan, qui la soumettra à l’Assemblée générale de l’ONU pour examen. Le but de la Plateforme est de donner des conseils aux gouvernements, notamment sur la manière d’améliorer les moyens d’existence des habitants des montagnes, de protéger les écosystèmes de montagne et d’utiliser leurs ressources de façon plus judicieuse.

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Une autre issue du Sommet a été le soutien de la Suisse en faveur de l’idée de créer un réseau d’Etats et de régions de montagne qui pourrait opérer sous l’égide du Partenariat, selon la proposition du Kirghizstan.

Discours de bienvenue par Son Excellence Lyonpo Kinzang Dorji, Premier Ministre du Royaume du Bhoutan

Allocution de M. M. Hosny El-Lakany, Sous-Directeur général, Département des forêts, FAO

Allocution de Sa Majesté l’Aga Khan

Allocution de M. Jan O Karlsson, Ministre pour la Coopération au développement, la migration et les politiques d’asile Ministère des Affaires étrangères, Suède

Plateforme de la montagne de Bichkek

Sommet mondial de la montagne de Bichkek
28 octobre – 1er novembre 2002

1. Objectifs

La Plateforme de la montagne de Bichkek est le résultat du Sommet mondial de la montagne de Bichkek, l’événement culminant de l’Année internationale de la montagne 2002. L’objectif de la Plateforme est de poursuivre les initiatives existantes et de déployer des efforts substantiels au-delà de l’Année en mobilisant des ressources, en offrant des orientations et des directives, et en encourageant les synergies. En particulier, elle servira de cadre pour les parties prenantes et autres afin de contribuer à la mise en valeur durable des régions de montagne du globe. Elle leur permettra d’agir de concert à tous les niveaux, de l’échelon local à l’échelon mondial, pour améliorer les moyens d’existence des habitants de la montagne, pour protéger les écosystèmes montagneux et pour utiliser les ressources de la montagne de façon plus avisée. La Plateforme devrait, en outre, servir de contribution au débat à l’Assemblée générale de l’ONU et à l’atteinte des Buts du Millénaire¹.

2. Contexte

La Plateforme de la montagne de Bichkek se fonde sur la riche expérience consignée dans les documents sur l’aménagement durable des montagnes, à commencer par le Chapitre 13, « Aménagement des écosystèmes fragiles: mise en valeur durable des montagnes », d’Action 21 de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement à Rio de Janeiro en 1992. Le processus qui a suivi a culminé dans l’Année internationale de la montagne, dont l’idée a été lancée par le Gouvernement de la République kirghize. Les objectifs de l’Année sont de « promouvoir la conservation et la mise en valeur durable des régions de montagne, assurant ainsi le bien-être des communautés des montagnes et des plaines.» En préparation de l’Année, et durant son déroulement, de nombreuses réunions sur différents aspects de l’aménagement durable des montagnes ont été tenues, et leurs résolutions et déclarations ont également contribué à la Plateforme. Une série d’articles thématiques, préparés en vue du Sommet mondial de Bichkek par des spécialistes internationaux et complétés par des consultations électroniques, ont également contribué à la Plateforme. Par ailleurs, elle prend en compte les recommandations du paragraphe 40 du Plan de mise en œuvre du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en août 2002.

3. Enjeux

Les zones de montagne représentent 26 pour cent de la superficie émergée de la terre et abritent 12 pour cent de la population mondiale. Les montagnes sont des ressources vitales tant pour les habitants des montagnes que des plaines, notamment l’eau douce pour au moins la moitié de l’humanité, d’immenses réserves de biodiversité, de nourriture, de forêts et de minéraux. Elles ont une immense richesse culturelle et servent de lieux de récréation physique et spirituelle pour les habitants de notre planète de plus en plus urbanisée.

Les habitants des zones de montagne doivent relever des défis importants. Environ la moitié des 700 millions d’habitants de la montagne dans le monde sont exposés aux pénuries alimentaires et à la malnutrition chronique. En particulier les groupes défavorisés comme les femmes et les enfants, souffrent plus que les autres de la distribution inégale des biens et des conflits.

Les décisions politiques influant sur l’utilisation des ressources de montagne sont généralement prises dans les centres de pouvoir loin des communautés, qui sont souvent politiquement marginalisées et reçoivent une indemnisation inadéquate pour les ressources, les services et les produits de la montagne. Les écosystèmes de montagne sont extrêmement variés et fragiles en raison de leurs fortes pentes, de l’altitude et des paysages extrêmes. Nombre de ces écosystèmes sont dégradés car les agriculteurs sont contraints d’appliquer des pratiques agricoles non durables, et le développement est inapproprié.

Le changement climatique, les risques naturels et d’autres forces menacent également les tissus vitaux complexes de la montagne. Les conséquences de la pauvreté et de la dégradation de l’environnement vont bien au-delà des communautés montagnardes et se propagent par la guerre, le terrorisme, la migration des réfugiés, la perte du potentiel humain, la sécheresse, la famine, et la prolifération de glissements de terrain, de coulées de boue, d’inondations catastrophiques et d’autres calamités naturelles dans les hauts plateaux comme dans les plaines. En outre, la fonte rapide des glaciers et la dégradation des bassins versants réduit la disponibilité d’eau, élément indispensable à la vie, et accroît le potentiel de lutte pour des ressources en baisse constante.

4. Déclaration

Nous, les participants au Sommet mondial de la montagne de Bichkek, l’événement culminant de l’Année internationale de la montagne, proclamons notre engagement à long terme et notre détermination pour atteindre les buts de la mise en valeur durable des régions de montagne. Nous nous engageons à protéger les écosystèmes montagneux de la planète, à éliminer la pauvreté et l’insécurité alimentaire dans les zones de montagne, à promouvoir la paix et l’équité économique, et à fournir un soutien aux générations présentes et futures de montagnards – femmes et hommes, filles et garçons – afin de créer un contexte dans lequel ils pourront déterminer leurs propres buts et aspirations.

5. Principes directeurs

Nous soutenons des approches participatives, multipartenaires, pluridisciplinaires, éco-régionales, décentralisées et à long terme qui respectent les principes de subsidiarité, de diversité humaine, de droits de l’homme, d’égalité entre les sexes et l’environnement. Nous attachons une grande importance et mettons à profit aussi bien les informations et connaissances locales que scientifiques.

6. Cadre d’action

Nous invitons les Nations Unies et ses organismes, les pays, les organisations internationales et non gouvernementales, les entreprises, les organisations de la base, les scientifiques et les individus à investir leurs ressources dans les zones de montagne. Nous invitons également les institutions de financement, y compris le GEF, à continuer à accroître leur soutien. L’atteinte de ces buts exigera notre participation à tous. Nous voyons ce cadre comme une orientation pour les décennies à venir, reconnaissant que les détails seront mis au point par les partenaires.

6.1. Actions à l’échelle internationale

Résolution de l’ONU:
Nous suggérons que le Groupe thématique de l’Année internationale de la montagne élabore une résolution de l’ONU sur la mise en valeur durable des régions de montagne. La résolution pourrait aider l’ONU et ses organismes dans la mise au point de politiques et programmes conformément aux objectifs et principes de la Plateforme, et inviter à renforcer la coopération et les actions dans les régions de montagne du monde entier. En outre, nous encourageons le Groupe thématique à mettre en lumière les relations réciproques vitales existant entre les montagnes et les ressources en eau douce, plus particulièrement dans le cadre de l’Année internationale de l’eau douce 2003, et d’envisager la création d’une Journée mondiale de la montagne.

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Partenariat international:
Nous appuyons le Partenariat international pour la mise en valeur durable des régions de montagne, un résultat de « type 2 » du Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg en août 2002. Nous saluons l’offre de la FAO d’accueillir le secrétariat du Partenariat et mettons à son service le Groupe de travail interinstitutions sur les montagnes. Nous invitons le PNUE à veiller à la gestion écologiquement rationnelle des régions de montagne, en particulier dans les pays en développement, en renforçant la mise en réseau et les évaluations environnementales, en facilitant les accords régionaux et en encourageant la coopération entre le secteur public et privé. Nous comptons sur la participation continue et croissante du PNUD, de l’UNESCO, de l’UNU, d’autres institutions des Nations Unies, des banques de développement multilatérales, d’autres organisations internationales et des pays.

La structure et les modalités de travail seront définies plus en détail pour assurer l’efficacité du Partenariat. Nous invitons les organisations et pays intéressés à adhérer au Partenariat et assurer sa durabilité financière.

Nous saluons la proposition de créer, dans le cadre du Partenariat, un réseau international d’Etats et de régions montagneuses en développement, et soutenons la création d’un groupe de travail pour son élaboration ultérieure.

Renforcement des capacités:
Nous sommes d’avis que le renforcement des capacités à tous les niveaux est essentiel pour améliorer la compétence des parties prenantes et accroître la compréhension des processus, problèmes, besoins, opportunités et atouts des montagnes. Ceci devrait faire intervenir tous les secteurs de l’éducation, les ONG, les gouvernements, les décideurs et les organismes internationaux.

Science et technologie:
Nous invitons la communauté scientifique et ses organismes de financement, aux niveaux international et national, à promouvoir des partenariats internationaux et des programmes de recherche, de suivi et d’alerte rapide en faveur de la mise en valeur durable des régions de montagne. Nous soulignons en particulier que les initiatives devraient être axées sur les aspects biophysiques, outre que politiques, sociaux, économiques et culturels, et qu’elles appliquent des approches disciplinaires, interdisciplinaires et transdisciplinaires, contribuant ainsi à une compréhension intégrée des problèmes et opportunités d’aménagement durable des montagnes.

6.2. Actions à l’échelon régional (supra-national)

Accent régional:
Nous sommes convaincus que les régions de montagne transfrontalières ont des caractéristiques environnementales, sociales, politiques, culturelles et économiques particulières et un potentiel de développement, et ont par conséquent besoin d’approches et de ressources spécifiques.

Coopération régionale:
Nous demandons instamment que le développement et la conservation dans les régions de montagne transfrontalières et entre les détenteurs d’enjeux en amont comme en aval soient coordonnés entre tous les partenaires concernés ou intervenants.

Accords régionaux:
Nous approuvons les instruments officiels, tels que chartes, conventions et politiques intégrées visant à favoriser la coopération internationale entre les états partageant des zones montagneuses.

6.3. Actions à l’échelon national

Gouvernance:
Nous demandons aux gouvernements nationaux d’appliquer le principe de subsidiarité en déléguant les décisions politiques au plus bas niveau possible de décision, à partir du niveau national, sous-national, communautaire jusqu’aux responsabilités des sociétés et des individus.

Promotion des politiques:
Nous invitons les gouvernements nationaux à élaborer une législation, des politiques et des procédures en faveur de leurs zones de montagne, en particulier celles qui sont marginalisées en termes de développement économique et social, et à fixer leurs priorités nationales en conséquence. Nous invitons également les partis politiques et les gouvernements à intervenir dans les initiatives internationales, pour autant que celles-ci soient acceptées à l’échelon local.

Données spécifiques à la montagne:
Nous reconnaissons que le manque de données socio-économiques et environnementales ventilées par zone géographique entrave l’identification et l’analyse spécifique des questions de moyens d’existence en montagne. Nous encourageons les gouvernements à produire, publier et utiliser des données spécifiques aux montagnes pour améliorer les politiques d’aménagement durable des montagnes, en particulier par rapport aux économies dominantes des plaines.

Mécanismes d’investissement et d’indemnisation:
Nous sommes convaincus que les disparités économiques entre les montagnes et les zones environnantes peuvent être réduites grâce à des investissements et d’autres moyens. Nous encourageons les gouvernements à introduire des mécanismes d’indemnisation pour les biens et services fournis par les communautés montagnardes, les entreprises ou les paysages naturels et culturels par le biais de négociations entre les personnes concernées et les bénéficiaires.

Accès:
Nous reconnaissons que la nature physique des régions de montagne entrave l’accès de maintes façons. En particulier, nous invitons les gouvernements à utiliser les technologies de l’information et de la communication au bénéfice des communautés de montagne.

6.4. Actions à l’échelon local

Gestion locale:
Nous appuyons la gouvernance et la propriété locales des ressources, la liberté individuelle, l’auto-détermination culturelle, et les systèmes de croyances traditionnelles, qui sont à la base du développement durable des régions de montagne, en particulier là où l’influence économique de forces externes est élevée.

Développement local:
Nous exhortons toutes les parties prenantes à veiller à l’amélioration des moyens d’existence locaux, à encourager l’entreprenariat économique et à garantir la protection de l’environnement et l’utilisation durable des ressources naturelles. Les partenaires externes devraient s’efforcer de soutenir les initiatives locales lorsqu’ils sont appelés à le faire.


1.

  • Eradiquer l’extrême pauvreté et la faim: le but déclaré est de réduire, d’ici 2015, de moitié par rapport au niveau de 1990, la part de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour – de 29 pour cent de tous les habitants des pays à faible et moyen revenus à 14,5 pour cent. Si ce but est atteint, ceci réduirait le nombre d’êtres humains vivant dans une misère extrême à 890 millions (ou 750 millions si les perspectives de croissance se confirment)
  • Atteindre l’enseignement primaire universel
  • Promouvoir l’égalité entre les sexes et donner aux femmes les moyens d’agir
  • Réduire la mortalité infantile
  • Améliorer la santé des mères
  • Combattre le VIH/SIDA, la malaria, et autres maladies
  • Assurer la durabilité de l’environnement
  • Créer un partenariat mondial pour le développement.

Un Partenariat international pour le développement durable des régions de montagne

Un Résultat du Sommet mondial du développement durable

Bali, le 3 juin 2002

1. Objectifs généraux

L’importance des régions de montagne dans le monde a été reconnue au niveau international depuis le Sommet de Rio de Janeiro en 1992 ; le programme Action 21 comprend un chapitre qui leurs est dédié spécifiquement. Les montagnes représentent 25% de la surface de la terre. En prenant en compte leurs aires périphériques, elles fournissent un habitat à 26% de la population mondiale et sont une source d’eau pour presque la moitié de l’humanité. Les montagnes sont caractérisées par un haut degré de diversité biologique et culturelle. Elles ont un bon potentiel économique dans plusieurs parties du monde, grâce à leurs ressources en eaux et à leur tourisme par exemple. Cependant, la plupart de ces régions sont isolées et marginalisées économiquement et politiquement. Les populations de montagne ont un clair désavantage par rapport à celles des autres régions. Plus précisément, la gestion durable des ressources de montagne se traduit par rendre les populations capables de bénéficier de conditions de vie correctes, en fournissant une protection contre les risques naturels, en améliorant la conservation des ressources naturelles, en sauvegardant les traditions sociales et culturelles et en encourageant un développement qui prend en compte les spécificités des régions de montagne et qui assure l’intérêt des populations de montagne et de plaine de manière égale, comme un contrat social fondamental.

Le chapitre 13 du programme Action 21 comprend deux programmes ou objectifs majeurs : (1) générer et renforcer la connaissance sur l’écologie et le développement durable des écosystèmes de montagne, et (2) promouvoir le développement intégré des bassins versants et des opportunités alternatives de ressources. Des progrès significatifs ont été réalisés cette dernière dizaine d’années en établissant des priorités, grâce aux efforts des gouvernements, des universités, des ONG, du Mountain Forum, de l’Année internationale de la montagne 2002 et des milliers d’acteurs du développement. La proposition suivante, qui a été préparée par des délégations intéressées et des organisations pendant la quatrième session du comité de préparation du Sommet mondial sur le développement durable à Bali, adresse de nouveaux objectifs, peut être plus ambitieux, axés à présent sur l’amélioration des conditions de vie et sur la protection et l’organisation des espaces dans les montagnes du monde. La stratégie proposée pour atteindre de tels objectifs est d’améliorer, de renforcer et de promouvoir de meilleurs coopérations et partenariats entre les principaux groupes et tous les acteurs de montagne, comme les donateurs, les agences de développement, les ONG, les communautés de montagne, les académies et les acteurs de différents secteurs. Le Partenariat international pour le développement durable des régions de montagne sera guidé par des objectifs clairement établis communément et ces opérations seront basées sur des engagements pris par les partenaires eux-mêmes. Sa mise en œuvre sera consolidée par de meilleures liaisons entre les institutions et des systèmes de coordination améliorés.

Suivant la suggestion avancée par le Secrétariat général dans son rapport de mise en œuvre du programme Action 21, l’adaptation du chapitre 13 du programme Action 21 devra également être améliorée en renforçant les coopérations internationales déjà existantes depuis 1992, en utilisant les nombreuses expériences faites pendant l’Année internationale de la montagne 2002 et en formant des partenariats plus formels.

Ceci demandera aux états, à la communauté internationale et aux autres partenaires de se focaliser sur une mise en œuvre effective des actions prioritaires pour gérer les écosystèmes de montagne par un développement durable, et d’aborder le problème de la pauvreté chronique dans les régions de montagne grâce à des programmes et des projets concrets qui impliquent un support actif des acteurs. Les partenariats régionaux, nationaux, ou spécifiques à une chaîne de montagne, ainsi que les ordres du jour, devraient constituer une force motrice pour déterminer les zones d’actions prioritaires et pour encourager la construction de partenariats au niveau international. Le Partenariat international pour le développement durable des régions de montagne constituera un instrument pour la mise en œuvre du Plan proposé par le SMDD, comme convenu dans son paragraphe relatif aux montagnes :

« Les écosystèmes de montagne supportent des conditions de vie particulières et incluent des bassins versants remarquables, une diversité biologique, une faune et une flore uniques. Beaucoup d’entre eux sont fragiles, vulnérables au changement climatique et nécessitent des protections spécifiques. Les actions à entreprendre, à tous les niveaux, sont :

  1. Développer et promouvoir les programmes, les législations et les approches qui intègrent les composantes environnementale, économique et sociale du développement durable des montagnes, et renforcer la coopération internationale pour ses impacts positifs sur les programmes d’éradication de la pauvreté, surtout dans les pays développés ;
  2. Mettre en place des programmes pour prendre en compte, lorsque approprié, la déforestation, l’érosion, la dégradation de la terre et de la biodiversité, l’interruption des cours d’eau et le recul des glaciers ;
  3. Développer et mettre en œuvre, lorsque approprié, des politiques relatives au genre et des programmes incluant des investissements privés et publics qui encouragent à éliminer les iniquités auxquelles sont confrontées les communautés de montagne ;
  4. Mettre en œuvre des programmes promouvant la diversification et les économies traditionnelles de montagne, des moyens de subsistance durables et des systèmes de production au niveau local, comprenant des formations spécifiques, un meilleur accès aux marchés nationaux et internationaux et la consolidation des marchés, des communications, des transports, et en prenant en compte la sensibilité des écosystèmes de montagnes ;
  5. Promouvoir la participation et l’implication des communautés de montagne dans les décisions qui les touchent et intégrer leurs savoirs traditionnels, leurs patrimoines et leurs valeurs dans toutes les initiatives de développement ;
  6. Mobiliser des supports nationaux et internationaux pour les recherches appliquées et les capacités de développement, fournir une assistance technique et financière pour une mise en place effective du développement durable des écosystèmes de montagne dans les pays développés et dans les pays dont l’économie est en transition, et dénoncer la pauvreté parmi les personnes résidant en montagne à travers des plans d’action, des projets et des programmes concrets, avec un support actif des acteurs, en prenant en compte l’esprit de l’Année internationale de la montagne 2002. »

Ce partenariat sera développé plus en détail au Sommet mondial des montagnes de Bishkek. Il est conçu comme un instrument évolutif et flexible, ouvrant à des problématiques supplémentaires, comme par exemple la production et l’utilisation durable de l’énergie, la protection des patrimoines culturels et des valeurs spirituelles, la réduction de la vulnérabilité aux risques naturels et les effets négatifs du changement climatique, de l’aménagement du territoire et de ses politiques, la protection du paysage, le renforcement et la dissémination des savoirs, etc.

En raison du caractère transfrontalier des régions de montagne, la coopération régionale est un instrument important pour mettre en œuvre les objectifs du développement durable, comme l’a démontré la Convention alpine. Des liaisons avec les nombreux instruments multilatéraux, comme la Convention sur la diversité, la Convention sur la désertification, la Convention sur le climat, la stratégie internationale pour la réduction des désastres et les autres instruments appropriés devraient être mises en valeur, en prenant en exemple l’attention spéciale sur les écosystèmes de montagne à la septième Conférence de la convention sur la biodiversité.

2. Lien avec le programme Action 21 et les résultats du Sommet mondial sur le développement durable (SMDD)

Le partenariat proposé a l’intention de mettre en œuvre le chapitre 13 du programme Action 21 et le document final issu du SMDD, en prenant en compte l’implication croissante des acteurs du monde, comme la société civile, dont le secteur public, les ONG, les académies de recherches. Le partenariat représente un résultat de type 2 pour le SMDD.

3. Les partenaires potentiels

Le partenariat international est conçu comme une alliance sous laquelle tous les acteurs pourraient prendre part à des partenariats spécifiques selon leur intérêt, leurs compétences et leur volonté. De telles alliances pourraient être organisées autour de thèmes d’actions (par exemple, la protection de la biodiversité, la sécurité alimentaire, la réduction de la pauvreté, etc.), des régions géographiques et d’intérêts institutionnels (par exemple, les politiques de montagne et les lois).

Basé sur l’expérience de la mise en œuvre du chapitre 13 et étant donné la variété des problématiques et des acteurs impliqués dans l’Agenda du développement durable des montagnes, un subtil équilibre est nécessaire entre la flexibilité et la structure. Il s’agit d’un concept qui conditionnera le succès du partenariat. Ainsi le partenariat propose de maximiser les bénéfices de l’expériences des réseaux et des institutions déjà existantes pour promouvoir des synergies efficaces et, progressivement, engager d’autres partenaires dans des actions collaboratives. Construire un partenariat efficace demandera aussi des associations avec de nouveaux partenaires qui ne s’identifient habituellement pas comme des acteurs traitant des problématiques spécifiques à la montagne.

Les partenaires potentiels pourraient être :

  • Les Etats
  • Les comités internationaux pour l’Année internationale de la montagne 2002
  • Les organisations internationales/les agences des Nations Unies : FAO, UNESCO, PNUE, PNUD, l’UNU, la Banque Mondiale, le GEF, IFAD, WTO, CAF, CGIAR, CIP, ICRAF etc.
  • Les organisations régionales : le groupe du parlement européen « les Amis de la montagne », ICIMOD, OAS, SICA, RUTA, EU, SAARC, AMCED etc.
  • Les ONG : Le Mountain Forum, The Mountain Institut, le Centre de Banff pour la culture de la montagne, IUCN, CI, WWF, ANEM, AEM, CONDESAN, CIPRA etc.
  • Les universités et les instituts de recherche (Berne, Innsbruck, Vienne, Denver etc.)
  • Les associations d’agriculteurs et des autres utilisateurs des ressources de montagne
  • Les autres principaux groupes

4. Les principes d’action

Tous les partenaires contribuent aux objectifs de ce partenariat en fonction de leurs propres priorités et sont pleinement responsables pour leurs propres actions. Le rôle du partenariat ne sera pas de coordonner les actions des membres ni d’assigner des tâches et des responsabilités, mais de relier les activités existantes et ainsi créer des synergies et des complémentarités pour atteindre une meilleure cohérence et des bénéfices améliorés.

Toutes les actions entreprises sous ce partenariat devront être directement relatives au chapitre 13 du programme Action 21 et à la section appropriée du document final du SMDD.

Les actions entreprises sous ce partenariat devront être coordonnées et suivies.

Toutes les actions entreprises sous ce partenariat peuvent être réalisées aux niveaux local, national, sous-régional, régional et mondial.

Une mise en œuvre commune et efficace du développement durable des zones de montagne devrait être construite sur les partenariats déjà existants et/ou émergent ainsi que sur les dialogues avec les acteurs, et nécessitera un point commun de travail en réseau, à l’accès facile. Les réseaux existant, en particulier le Mountain Forum, devront être supportés afin d’assurer une communication efficace et des services d’information.

5. Engagements

Une mise en œuvre commune du développement durable des zones de montagne nécessitera un engagement réel et durable de tous les partenaires intéressés. Bien que de nombreuses institutions, organisations et gouvernements soient actuellement impliqués dans le support du développement durable des zones de montagne, de nouveaux partenaires seront nécessaires pour obtenir des résultats plus importants et effectifs. Une identification préliminaire et une évaluation des partenaires potentiels sont donc nécessaires en vue de lier les activités existantes et créer des synergies. Des arrangements de partenariat réussis nécessiteront également un long engagement par ceux qui s’impliqueront.

Chaque partenaire est invité à fournir une brève description des intentions de sa contribution et de ses actions, pour la réalisation des objectifs décrits dans la section 1 ci-dessus, qui comprendra les informations suivantes :

  • Leur thème d’action
  • Leur zone d’action
  • Leurs buts et leurs objectifs spécifiques ainsi que les résultats attendus de leur intervention
  • Les partenaires proposés
  • Leur type d’activité et leur étendue (par exemple, assistance technique, etc.)
  • Leurs implications financières et leurs modalités (par exemple, sur des bases bilatérales ou à travers des institutions multilatérales)
  • Leur calendrier
  • leur suivi des projets
  • Contact personnel (adresse, téléphone, e-mail, etc.)

6. Modalités de gestion et de ré-évaluation

En raison de la variété des problématiques et des acteurs, aucun suivi global du partenariat n’est envisagé durant sa phase de conception. Cependant, il est essentiel que chaque partenariat sous-régional établisse ses propres modalités de suivi (gestion, coordination, ré-évaluation). Ces arrangements devraient se centrer sur des actions spécifiques et pourraient inclure des évaluations des changements dans les environnements de montagne et le bien être des populations (par exemple, le niveau de pauvreté). La transparence devrait être le principe moteur. Les différentes évaluations devraient être publiques. Des évaluations des progrès pourraient être organisées et disséminées. La capacité de développement à l’intérieur des régions et des pays à assurer un suivi suffisant devrait être importante, fourni par l’appui des niveaux régionaux, nationaux et sub-nationaux, en suivant les calendriers et en mettant en place des stratégies et des programmes de développement de la montagne.

Eventuellement, un partenariat global couvrant les mécanismes de gestion et de coordination devra être développé et relié à un suivi général du SMDD.

7. La révision des politiques

Des révisions régulières (par exemple, pendant les réunions de la Commission sur le développement durable (CSD) et autres forums régionaux et internationaux) seront nécessaires pour prendre en compte les expériences réalisées et pour adapter les stratégies aux situations évolutives. Des conférences électroniques pourraient être utilisées pour échanger et disséminer les expériences et les leçons apprises.

8. Mise en place et coordination

Le Groupe Interagences sur les montagnes a joué un rôle important en promouvant l’Agenda Montagne. C’est pourquoi ce groupe devrait se réunir avec les partenaires potentiels.

Au niveau national, la coordination sera la responsabilité des gouvernements nationaux avec le support des organisations internationales et en étroite collaboration avec les groupes de la société civile.

A tous les niveaux, des mécanismes institutionnels communs appropriés auront besoin d’être renforcés et établis pour assurer un suivi effectif.

En outre, au niveau global, un petit groupe de travail peut être nécessaire afin que les principales questions thématiques, géographiques et institutionnelles de l’Agenda Montagne soient couvertes de façon adéquate au fur et à mesure que le partenariat évolue et devient de plus en plus opérationnel.

Année internationale de la montagne des Nations Unies

Florence Chenoweth
Directrice du FAO Bureau de liaison avec les Nations Unies, New York
Vendredi 15 novembre 2002

Monsieur le Président,
Excellences,
Mesdames et Messieurs les délégués,
Mesdames, Messieurs,

Je suis heureuse de vous présenter aujourd’hui le „rapport provisoire de l’Année internationale de la montagne 2002„.

Il y a un an environ, le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Jacques Diouf, était debout devant cette assemblée pour inaugurer l’Année internationale de la montagne.

Qui aurait pu penser que ces géants grandioses aux sommets enneigés comme l’Everest, le Kilimandjaro et le Mt McKinley – symboles de force et de stabilité -auraient besoin d’une année internationale?

Un an s’est écoulé, et des légions d’hommes et de femmes dévoués ont uni leurs forces pour faire savoir au monde que les montagnes étaient réellement des sites fragiles, que les communautés montagnardes étaient victimes de niveaux extrêmement élevés de pauvreté, et que les montagnes comme leurs habitants avaient besoin de l’attention du monde.

Maintenant, grâce à une campagne mondiale de sensibilisation qui a suscité d’innnombrables manifestations spéciales et commémorations, articles de journaux et émissions de télévision, programmes éducatifs et conférences -sans oublier, neuf grandes initiatives mondiales- nombreux sont ceux qui désormais connaissent la vérité:

  • les montagnes sont cruciales à la vie sur terre.
  • la moitié de l’humanité dépend des montagnes comme source d’eau douce.
  • la diversité génétique que renferment les écosystèmes de montagne aident à garantir la sécurité alimentaire des générations futures.
  • Et, chaque jour, l’avenir de ces écorégions uniques et de leurs habitants, est menacé par les conflits armés, le changement climatique, les activités d’extraction minière et les pratiques agricoles et forestières non viables.

Mesdames, Messieurs,

Ensemble, nous avons transformé l’opinion de beaucoup de monde sur les montagnes et leur relation avec les systèmes montagneux.

Nous, à la FAO, somme honorés d’avoir été désignés comme organisation chef de file des Nations Unies pour l’Année internationale de la montagne, et d’avoir collaboré avec les gouvernements, le PNUD, le PNUE, l’UNESCO, l’UNU, et autres organismes des Nations Unies ainsi qu’organisations non gouvernementales, pour soumettre les questions de montagne à l’attention du monde.

Mais une grande partie du travail concret, la formulation de politiques et de programmes qui feront une réelle différence pour les vies des habitants de la montagne, est accompli par les pays eux-mêmes, grâce aux efforts des 77 comités nationaux qui ont piloté les initiatives en faveur de l’Année internationale de la montagne dans le monde entier.

Un tel soutien enthousiaste des pays est, je crois, sans précédent durant une année internationale.

Je vous remercie pour votre dévouement, pour votre enthousiasme et votre encadrement.

C’est par l’action au niveau des pays qu’un changement réel peut avoir lieu. Et maintenant que l’Année internationale de la montagne touche à sa fin, le rôle des pays acquérera une importance encore plus grande.

Nous, à la FAO, sommes déterminés à faire de l’Année internationale de la montagne un véritable catalyseur de changement et à aider les pays à trouver des solutions durables aux problèmes de la montagne.

Avec un certain nombre de pays, d’organismes des Nations Unies et d’organisations internationales rassemblés au Sommet mondial sur le développement durable de Johannesburg, par exemple, nous avons lancé le Partenariat international pour la mise en valeur durable des régions de montagne.

Reconnu comme instrument de promotion et de renforcement de la coopération entre les parties intéressées aux questions de montagne, le Partenariat a reçu un appui ultérieur ce mois-ci au Sommet mondial de la montagne de Bichkek-l’événement culminant de l’Année internationale de la montagne.

C’est là que la FAO a confirmé son engagement à abriter un secrétariat assurant les services du Partenariat, ainsi qu’à aider les pays à élaborer et à mettre en œuvre des stratégies nationales pour l’aménagement durable de leurs régions de montagne.

Nous considérons cet engagement dans le cadre de la tâche qui nous incombe à la FAO. En tant que maître d’oeuvre pour le Chapitre 13 d’Action 21, le programme d’aménagement durable des montagnes, et en tant qu’organisme des Nations Unies chargé d’accroître les niveaux nutritionnels, d’améliorer la productivité agricole et les vies des populations, beaucoup de nos collègues et partenaires travaillent déjà dans les montagnes.

Il est triste de constater qu’un nombre excesssivement élevé des 800 millions de personnes victimes de sous-alimentation chronique vit en montagne. Une étude pluridisciplinaire conduite récemment par la FAO indique que la moitié de la population montagnarde des pays en développement et en transition – soit 250 à 370 millions de personnes- est exposée à l’insécurité alimentaire.

En créant les conditions de mise en valeur durable des régions de montagne, nous pouvons faire de grands pas en avant pour garantir de la nourriture pour tous.

Mesdames, Messieurs,

Les défis auxquels sont confrontés les systèmes montagneux de la planète et leurs habitants sont encore aussi énormes que les montagnes elles-mêmes. Mais ensemble – gouvernements, organismes des Nations Unies, Grands Groupes et organisations du secteur privé- nous pouvons faire en sorte que l’Année internationale de la montagne favorise une action à long terme.

Ensemble, nous pouvons améliorer le bien-être des populations e montagne. Ensemble, nous pouvons garantir la protection des écosystèmes de montagne fragiles. Ensemble, nous pouvons promouvoir la paix et la stabilité dans les régions montagneuses.

Je vous remercie de votre attention.

Merano – première réunion mondiale du Partenariat de la montagne

Le Partenariat de la montagne, lancé au Sommet mondial pour le développement durable (SMDD) en 2002, est une alliance-cadre de pays, d’organisations intergouvernementales et de grands groupes ayant pour vocation d’améliorer les conditions de vie des montagnards et de protéger les environnements de montagne du monde entier. La Conférence de Merano en octobre 2003 a constitué une date clé pour le Partenariat de la montagne: il s’agissait de la première assemblée mondiale qui a permis à ses membres d’identifier les besoins, priorités et problèmes communs et approfondir les thèmes clés liés à la structure, à la composition et à la gouvernance du Partenariat.

La Conférence, organisée par le Gouvernement italien, a attiré quelque 150 délégués de quatre continents. Les participants ont prononcé des allocutions et fait des présentations sur les grandes questions intéressant la montagne, à savoir l’environnement, la pauvreté, le savoir-faire local, la science, la recherche et la formation, la coopération régionale, les questions féminines, le sport et le tourisme.

Les délégués ont convenu que le nombre et la portée des réseaux existants de montagne constituaient un point de départ solide pour exploiter les connaissances, compétences et l’expertise nécessaires à la création de partenariats oeuvrant concrètement à la mise en valeur durable des montagnes.

Mais surtout, la Conférence a entériné Les ’Principes directeurs’, comprenant la décision de la FAO d’accueillir un Secrétariat pour assurer les services du Partenariat de la montagne. A la clôture de la Conférence, les participants ont formulé une série de Conclusions visant à donner une orientation future à la composition, à la gouvernance et à l’action du Partenariat.

Prochaines mesures

Le Secrétariat provisoire du Partenariat à la FAO a récemment distribué aux membres un petit questionnaire visant à recueillir des informations sur les questions à aborder en priorité, et à déterminer ce que chaque membre peut apporter au Partenariat en termes d’expertise, de connaissances, de compétences et d’activités.

Ces informations serviront à élaborer des „initiatives de partenariat”, sur la base de secteurs thématiques ou géographiques spécifiques. Des informations sur la création de ces initiatives seront disponibles prochainement.

Étude de cas inter-régionale

Le café est le second produit commercial légal après le pétrole. Plus de 60 pour cent de la production est assurée par des exploitations familiales de moins de 10 hectares. Près de 25 millions d’agriculteurs, notamment dans les pays en développement, en sont tributaires. Le café arabica, qui représente environ 70 pour cent du commerce du café mondial, ne se cultive que dans des montagnes et des hautes terres tropicales.

Dean’s Beans® est une société de torréfaction et d’importation de café biologique certifié, participant au commerce équitable. La société conçoit et soutient également des projets de développement communautaire ainsi que l’action sociale dans le pays où elle est implantée et dans les villages des montagnes du monde entier. Chacun des acteurs impliqués dans la chaîne de production et de distribution de Dean’s Bean’s®, de l’agriculteur au consommateur, participe à un commerce socialement équitable et respectueux de l’environnement.

Dean’s Beans® a été lancé en 1993 comme instrument du changement économique et social, mais c’est également une entreprise rentable. Grâce à l’adoption d’une approche attentive à une “croissance soutenue par l’environnement”, ses ventes annuelles s’élèvent aujourd’hui à plus de 1,3 million de dollars E.U. et la société offre la plus grande sélection des cafés biologiques produits dans le cadre du commerce équitable aux États-Unis.

Dean’s Beans® achète le café aux coopératives de cultivateurs de 11 pays et entretient des relations personnelles avec chacune d’entre elles, y compris par le soutien de projets visant à améliorer l’infrastructure de production et de transformation, l’accès au crédit, l’approvisionnement en eau pure, la protection de l’environnement et, ce qui est tout aussi important, la prévention des conflits. L’augmentation des revenus des ménages, une plus grande stabilité des communautés (par la diminution de l’exode), une meilleure santé communautaire, la dignité et la fierté associées à la participation à un processus de développement autonome par le biais d’un travail honnête, peuvent être cités au nombre des effets positifs. Les coopératives de producteurs se situent sur les hautes terres du Brésil, de la Colombie, du Costa Rica, du Timor oriental, de l’Éthiopie, du Guatemala, du Mexique, du Nicaragua, de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, du Pérou et de Sumatra.

Étude de cas sur l’Amérique latine

La racine andine arracacha est une tubercule nutritive et potentiellement très versatile. Il s’agit pourtant d’une espèce menacée car elle a été fortement sous-utilisée, notamment au Pérou où sa biodiversité est la plus grande. Dans le cadre d’un programme plus vaste destiné à améliorer la qualité de vie des familles rurales dans les Andes , un projet a été réalisé de 1999 à 2002 pour encourager la culture et la consommation de l’arracacha dans les communautés montagnardes locales du Pérou, de la Bolivie et de l’Équateur. Le Centre international de la pomme de terre (CIP) a été le principal organisme responsable. Les objectifs ont consisté à développer la culture de la plante, à résoudre les problèmes de stockage, à rechercher des applications culinaires, et de manière générale, à soutenir la production locale et à accroître la compétitivité du produit à l’échelle régionale.

À Sucse, dans le district de Sócota au Pérou, le même projet a permis d’offrir une aide aux communautés qui transformaient l’arracacha en un entremets sucré appelée rallado. Le projet a permis d’aider les petites entreprises familiales productrices de rallado à améliorer les techniques de transformation en associant les technologies locales et les connaissances scientifiques. D’importantes innovations ont été introduites dans la plantation et la propagation de l’arracacha. Les techniques de transformation ont également été modifiées pour répondre aux normes sanitaires de qualité. Les entreprises ont aussi été soutenues dans le développement des marchés, des capacités et de l’organisation.

Le projet a réussi à mettre en valeur cette racine andine, et a encouragé et accru sa biodiversité. Les producteurs d’arracacha ont pu ainsi augmenter le prix de vente et accroître la quantité de produit frais qu’ils commercialisent. Les marges de profit tirées de la vente du rallado ont également progressé, ce qui a contribué à créer de nouveaux emplois et à améliorer les revenus – et donc le moral – des 160 familles qui vivent dans la communauté de Sucse. De nouveaux marchés ont été recherchés et développés.

Un autre objectif du projet a été d’encourager l’invention de nouvelles recettes afin de stimuler la consommation locale, ce qui a inspiré d’autres initiatives pour utiliser les produits de l’arracacha, comme l’ouverture d’une boulangerie et d’un restaurant locaux.